mardi 22 juillet 2014

Humeur sur les élections européennes de 2014 et ses conséquences


Les élections européennes de 2014 n’auront fait l’objet d’aucune surprise. A croire que tout était programmé, pour toutes les parties. Triste pièce de théâtre où même la montée de l’extrême droite était prévue. Pas de débat, ou sans fond, pas d’analyse, pas de pédagogie ou alors toujours les mêmes rhétoriques auxquels plus grand monde ne croit !
Il ne faut surtout pas céder à la facilité intellectuelle de croire que les critiques adressées à l’Union européenne sont formées uniquement par des anti-européens ou des nationalistes. Loin de là, la réalité est plus subtile. D’ailleurs, nous dirons même que l’Europe telle qu’elle se construit aujourd’hui est « l’œuvre » désormais d’une minorité, animée par la finance. Minorité invisible…
Le philosophe ALAIN disait qu’il fallait « s’intéresser à la politique sinon nous le regretterons cruellement ». C’est l’affaire de chaque citoyen ! Et nous allons nous y employer !
Il faut évidemment  dépasser le clivage droite/gauche. Les citoyens ne veulent plus de ces clivages ni de l'alternance. Ils voient bien que l'une ou l'autre n'apporte aucune solution. Ils constatent aussi que les politiques cherchent souvent le pouvoir, un mandat pour le conserver et ne surtout pas partager leurs prérogatives.
Résultat des élections européennes : abstention et victoire du FN ! Indifférence/colère et colère !
Il faut en tirer les leçons. Et accepter le verdict ! Respecter tous les électeurs, abstentionnistes ou non, quel que soit le vote.
Encore une fois, il faut aller à la rencontre des citoyens, échanger, construire ensemble, sans clivage politique.
L'approche citoyenne doit se faire sans objectif électoral, uniquement avec l'intention de construire une participation citoyenne, qui vienne de la base et non de politiques trop éloignés de la réalité. Bref créer un véritable réseau sur tout le territoire d'initiative citoyenne.
Pendant cette « relative pause estivale », je vous conseille la lecture de l’ouvrage remarquable de J.M. PELT et P. RABHI : « Le monde a-t-il un sens ?». Le principe d’associativité, prenant le contre-pied des sacro-saints principes de compétitions et de dualité, est mis en avant et expliqué avec pragmatisme. Je finirai, pour illustrer nos propos par ce passage : « Avec ses guerres apocalyptiques, l’Europe a montré de façon magistrale à quoi peut conduire le principe de fragmentation. Une main tendue aux vaincus de la première déflagration aurait probablement évité la deuxième. On ne mesure pas assez la puissance extraordinaire de la bienveillance. Au lieu de cela, il a fallu prolonger pour les uns la délectation de la victoire, pour les autres les affres de l’humiliation. Ce qui a préparé le terreau de la revanche. La coopération, en l’occurrence, aurait démontré l’existence d’une intelligence unificatrice dont la communauté humaine est peu pourvue, qualité de plus en plus indispensable à l’évolution positive du genre humain ».
Faisons de cette intelligence les fondements solides de notre mouvement citoyen de demain, à l’échelle de l’Europe et du monde.
Bonnes vacances !

jeudi 17 avril 2014

Europe Citoyenne Régions CAL

https://www.facebook.com/#!/pages/Europe-Citoyenne-R%C3%A9gions-CAL/272305559614222?fref=ts

Les élections européennes qui se dérouleront au mois de mai seront déterminantes quant à notre avenir et celui des générations plus jeunes. L'Union européenne s'est enfermée dans un cadre qui l'étouffe et qui pourrait bien, à défaut de projets ambitieux mais réalistes, la mener nulle part, soit vers une implosion, soit plus vraisemblablement vers un espace difforme, non coordonné, sans aucune dynamique. Un poids mort. Il faut vaincre l'abstention et les extrêmes, les deux principaux dangers qui découlent directement de l'inertie de l'Europe et surtout celle de ses représentants. Maintenant c'est aux citoyens de s'exprimer, non plus seulement par les urnes, mais en s'engageant, en s'investissant, d'abord dans la vie locale puis, en se regroupant, plus largement dans le tissu régional et européen.
Europe Citoyenne a ainsi développé une formule intéressante : "Votez pour vous". C'est exactement ce qu'il convient de faire. Les candidats sont des citoyens de la société civile, engagés localement et épousant la cause européenne, seul moyen d'expression au plan mondial.

lundi 3 mars 2014

Le Manifeste pour "une nouvelle architecture démocratique de l'Europe"

Le manifeste pour « une nouvelle architecture démocratique de l’Europe », publié dans le Monde du 18 février 2014, démontre à la fois l’actualité brûlante du sujet et l’urgence de la situation, le tout sur fond des élections européennes du mois de mai.

Ce collectif plaide pour un renforcement de l’union politique et budgétaire des pays de la zone euro : « Si nous ne nous unissons pas à temps afin de porter notre modèle de société dans la mondialisation, alors la tentation du repli national finira par l’emporter et engendrera des frustrations et des tensions… il faut réguler efficacement le capitalisme financier mondialisé du XXIème siècle et mener les politiques de progrès social qui manquent cruellement à l’Europe actuelle. Un monnaie unique avec 18 dettes publiques différentes sur lesquelles les marchés peuvent librement spéculer, et 18 systèmes fiscaux et sociaux en concurrence débridée les uns avec les autres, cela ne marche pas ». Ce qui semble tomber sous le sens n’est pourtant pas, actuellement, évident, admis et accepté. Il est toujours difficile de rompre avec un système, parfois sécurisant car connu, même s’il est dépassé, pour en adopter un autre, mal connu, donc non sécurisant. Et pourtant, nous sommes déjà dans une période de transition que certains ont du mal à intégrer…  
Le collectif propose tout d’abord de mettre en commun les impôts sur les bénéfices des sociétés (et non pas la totalité des impôts et des dépenses). Il est vai que les multinationales profitent des différences de législation en la matière. Cet impôt européen permettrait ainsi d’alimenter un budget propre à la zone euro, préférable à une simple contribution des Etats. En effet, « l’Europe doit permettre d’apporter de la justice fiscale et du volontarisme politique dans la mondialisation ». C’est dit !
Le collectif propose ensuite de créer une chambre parlementaire de la zone euro, complémentaire du Parlement européen actuel, à savoir : soit un Parlement de la zone euro regroupant les membres du Parlement européen des pays concernés, soit une chambre nouvelle fondée sur la réunion d’une partie des députés des Parlements nationaux, en fonction du poids démographique de chaque pays.
Si nous convenons également que le Conseil des Chefs d’Etats ne peut tenir lieu de Seconde Chambre, nous sommes réservés sur les solutions avancées. Oui pour une Chambre parlementaire de la zone euro mais avec une représentation fidèle des citoyens européens, par exemple au niveau régional. Nous y reviendrons le moment venu.
Néanmoins, nous retenons deux idées intéressantes que nous avons déjà évoquées :

-       La désignation d’un véritable ministre des finances européen

-       Une mutualisation des dettes des pays de la zone euro pour éviter toute spéculation sur les taux d’intérêt, qui a d’ailleurs commencé à voir le jour avec le Mécanisme européen de stabilité (MES)
Ce manifeste s’inspire lui-même de propositions formulées par des experts et personnalités allemandes à la fin de l’année 2013. Il est évident que c’est en reprenant ces idées, en les soutenant et en les travaillant à nouveau, ensemble, que nous parviendrons peu à peu à avancer, à innover.

samedi 22 février 2014

"Notre Europe" : un slogan pour tout citoyen européen


Loin des discours populistes et électoralistes, et avant de s’engager dans les débats, par ailleurs indispensables, lire E. MORIN, cette fois associé à M. CERUTI, permet de prendre le recul nécessaire pour apprécier les enjeux des prochaines élections européennes.

Le titre du livre, « Notre Europe, décomposition ou métamorphose » est déjà une invitation à prendre conscience de notre rôle et de notre responsabilité, à nous, Citoyens européens, dans la construction de l’Europe, telle que nous la souhaitons et non comme on voudrait nous l’imposer.

Cet ouvrage montre à la fois à quel point l’Etat représente un espace sécurisant et communautaire entraînant par ailleurs une uniformisation, parfois par la voie d’une purification religieuse et ethnique, et une sacralisation des frontières. Et « ce qui favorise… l’unité interne de l’Etat national l’amène à se heurter aux autres Etats ». Au contraire, l’Union européenne « n’abolit pas les frontières, elle les réinterprète et les dédramatise ». De fait, elle valorise les diversités ethniques, linguistiques, culturelles et religieuses.

Il est aussi intéressant de relever, avec ces auteurs, que les Etats sont aussi réticents à déléguer une partie de leur souveraineté à l’Union européenne qu’ils le sont à l’égard des collectivités territoriales. Ce constat doit nous faire réfléchir sur la place qui doit être attribuée à l’Etat, et par aussi à constater que « les nations européennes ne seront pas pour autant dissoutes si elles délèguent leur souveraineté pour les problèmes communs et globaux. Au contraire, elles se mettront à l’abri des ambitions nationalistes qui ont souvent été, pour elles, une cause de ruine ».  

Ils rappellent ainsi que l’Union européenne constitue désormais un espace de paix, ce qui évidemment contraste avec toutes les guerres qui ont jalonné l’histoire de l’Europe ainsi qu’avec une époque encore récente.

Mais les auteurs rappellent aussi que l’Europe traverse plusieurs crises et qu’elle est devenue une Province du monde.  Par conséquent, elle a besoin d’une défense, d’une relance et d’une réinvention de son modèle économique, civil et politique, mais aussi d’un nouveau pacte social, d’une politique énergétique et fiscale. C’est notre communauté de destin, si chère à Edgar MORIN.

 « On n’a encore jamais vu dans l’histoire se créer une conscience ou le sentiment d’un destin commun à partir de l’avenir, de ce qui n’a pas encore eu lieu…les divisions et conflits qui sont à l’origine de ses diversités (de l’identité européenne) sont devenus eux-mêmes constitutifs de cette identité ». Notre communauté de destin se construit par rapport à notre avenir, qui nous l’impose.

Tels sont les enjeux des prochaines élections européennes. Alors ne nous trompons pas de débats et ne nous méprenons pas sur les discours en tous genres. Soyons vigilants et cherchons où se trouve le véritable intérêt du citoyen. Et mobilisons-nous !

mercredi 29 janvier 2014


M. Alain LAMASSOURE, Député européen, nous a proposé de publier l'article suivant. Nous le faisons bien volontiers car il contribue à ce débat, indispensable, dans l'intérêt des citoyens. A ce titre, il s'incrit dans l'esprit du blog.

EUROPE : DONNONS LE POUVOIR AUX CITOYENS !

Quand l’Europe atteint 70% d’impopularité, toute la classe politique fait choeur : « il faut changer l’Europe ! », disent les uns, ou « il faut changer d’Europe !» s’exclament les autres. Et l’Europe est en danger. Quand le Président de la République atteint 80% d’impopularité, la conséquence logique est : « il faut changer de Président ! ». Et la France est sauvée.
Ainsi, la menace première contre l’Europe n’est ni la spéculation financière, ni la stagnation économique, ni les pressions migratoires. Elle tient à l’absence de dirigeant européen identifié comme tel et légitimé comme tel. Plus des deux tiers des règles de droit nouvelles qui s’appliquent désormais en France sont décidées à Bruxelles. La Commission européenne propose, les gouvernements et le Parlement européen disposent, mais le processus est collectif et anonyme. Faute d’un dirigeant qu’il a élu et qui est responsable devant lui, le citoyen n’a pas le moyen d’exprimer sa satisfaction, son mécontentement, ni finalement ses choix.

Or, voilà que l’occasion nous est offerte de mettre fin à cette situation inacceptable.
Car le traité de Lisbonne introduit un changement majeur : désormais, le Conseil européen devra prendre en compte le résultat des élections européennes pour proposer le nom du Président de la Commission européenne. Celui-ci était jusqu’à présent un haut fonctionnaire nommé par les gouvernements.
Il sera désormais élu par le Parlement.

Cette innovation est proprement révolutionnaire. Elle signifie que, si les partis politiques européens jouent le jeu, et annoncent à l’avance leur candidat(e), le Président de la Commission sera bel et bien élu par les citoyens eux-mêmes à travers l’élection du Parlement. Comme le sont les maires dans toutes nos villes, ou les Premiers ministres des autres pays européens : en votant pour la CDU, l’électeur allemand choisit Angela Merkel comme Chancelière, en votant pour le Parti Conservateur l’électeur anglais porte David Cameron à Downing Street, etc. Or, les partis européens l’ont compris : à gauche, à droite, au centre, chacun a annoncé sa procédure et son calendrier pour désigner son candidat. A partir de mars prochain, ces candidats vont sillonner toute l’Europe. Les grands médias préparent déjà l’organisation de leurs débats contradictoires : ce sera la première vraie campagne à l’échelle européenne. Succès de curiosité, l’audience de ces débats sera considérable. Les citoyens européens vont réaliser que, pour la première fois, les élections européennes ont un vrai enjeu politique, le seul enjeu qui compte en démocratie : le choix d’un cap, et celui du timonier qui devra le tenir. Si tout va bien, l’Union aura bientôt un « Monsieur » ou une « Madame Europe », fort(e) de la légitimité donnée par le vote de 500 millions de citoyens européens.
Le fonctionnement de l’Europe en sera bouleversé. Fini, le bouc émissaire anonyme ! A la fin de chaque Sommet européen, « Monsieur Europe » sera naturellement invité aux J.T. nationaux pour présenter et expliquer les décisions prises. Il aura des comptes à rendre, de ses réussites comme de ses erreurs. S’il réussit, il en partagera le bénéfice politique avec les dirigeants nationaux qui auront suivi ses propositions. S’il échoue, la réaction populaire spontanée ne sera plus « c’est la faute de l’Europe, il faut sortir de l’euro, de l’Union, de Schengen, etc. », mais : « ce type ne fait pas l’affaire, il faut en changer ». Et l’Europe sera sauvée.

Cela s’appelle la démocratie.


Alain LAMASSOURE
 

dimanche 19 janvier 2014

Voeux pour les citoyens de l'UE


En ce début d’année, l’heure est aux vœux. Alors, souhaitons une belle année 2014 aux citoyens européens, qu’elle soit le point de départ d’un renouveau démocratique et d’un nouvel élan pour l’Union européenne. Car la construction de l’Europe s’achemine assurément vers une transition, aussi nécessaire qu’indispensable. L’Union européenne sera citoyenne ou…

Certains rêvent d’États-Unis d’Europe, « dans lesquels les citoyens européens exerceraient réellement le pouvoir en élisant les institutions mais aussi en disposant de droits propres pour proposer ou pour s’opposer, que ce soit au niveau national ou au niveau européen, le droit de pétition suivi d’effets et la banalisation du recours au référendum doivent devenir de véritables instruments au bénéfice de nos concitoyens » (C. LEPAGE, Rassemblement Citoyen).

Oui, Etats-Unis d’Europe ou Union européenne originale comme aujourd’hui, et plus encore demain, selon un modèle nécessairement évolutif puisque ses institutions doivent sans cesse s’adapter, le citoyen doit, quoi qu’il en soit, se placer au centre de ce dispositif.

Les élections européennes devraient représenter un moment privilégié pour susciter l’intérêt des citoyens-électeurs sur le fonctionnement des institutions communautaires, de l’Union européenne elle-même, pour ses politiques, mais aussi sur l’avenir et les enjeux de cette dernière. C’est le rôle des médias et des politiques.

Au contraire, Bruxelles nous semble plus loin que les Etats-Unis et les institutions européennes un peu plus étrangères que l’ONU ou le FMI ! Un comble si on se rappelle l’engouement suscité par la Communauté européenne jusqu’au début des années 1990. De rêves en espoirs, de débats en colloques, même télévisés, l’Europe semblait accessible. Et compréhensible. Puis les temps ont changé : l’Union européenne s’est éloignée du citoyen. Il est évident que cet éloignement n’est pas naturel. Peut-être pas volontaire, et encore c’est discutable, mais il s’agit bien de la conséquence d’une désaffection du sujet par les politiques, et certains médias, qui ont complexifié l’Europe et orienté les débats à un niveau national. A tort !   

Il est temps de replacer le citoyen au centre de l’Europe, et l’Union européenne au sein du monde. Les élections européennes doivent incarner cette promesse et les candidats connaître l’Europe, la comprendre, voire l’aimer. Il n’est pas acceptable de voir des têtes de liste démissionner aussitôt élues afin de conserver leur fonction nationale, ou, a contrario, des politiques apparaître sur des listes pour rebondir ou seulement exister. C’est un mépris pour l’Europe et pire, pour le citoyen.

Le député européen doit être connu de ses électeurs, leur rendre compte de ses actes, partager avec eux et, mieux, les faire participer à sa vie parlementaire. Ce ne sont pas de vains mots. Il s’agit d’un véritable engagement qui ne peut rester lettre morte sous peine d’être déjugé par la suite par ceux-là même qui leur ont accordé leur confiance. Mais c’est déjà tout un programme…

lundi 30 décembre 2013

L'Europe, sous l'impulsion du Pape ?


La Journée mondiale de la Paix, le 1er janvier 2014 sera placée sous le sceau de la Fraternité, si chère au Pape François. Le franc-parler de celui-ci, sa ferveur, son énergie ne passent pas inaperçus. Il joint la parole aux actes via son engagement de longue date.

Son discours, qui paraît faussement à rebours de la marche actuelle du monde, touche pourtant le plus grand nombre car son constat semble juste. Beaucoup se reconnaissent dans la « mondialisation de l’indifférence », les combats dans le domaine économique et financier provoquant la destruction de vies, des familles et d’entreprises. Il prône un partage intelligent des richesses et surtout en appelle à « des citoyens responsables ».

Il déclare ainsi que « le nécessaire réalisme de la politique et de l’économie ne peut pas se réduire à un technicisme privé d’idéal qui ignorerait la dimension transcendante de l’homme. Sans cette ouverture, l’activité humaine s’appauvrit, la personne est réduite à un objet à exploiter… ».

Son discours dépasse largement les religions. C’est pour cette raison que son message résonne autant et que sa popularité est si importante. Il touche les foules et, bien plus, parle au plus profond de nous-mêmes, quelles que soient les croyances, les origines ou les pays, ces derniers ayant aussi, selon le Saint-Père leur propre responsabilité. Il a un discours fédérateur, nouveau pour notre époque qui ne peut laisser indifférent.

Ce souffle nouveau, qui animera la Journée mondiale de la Paix, pourrait être l’occasion de formuler le même vœu à l’égard des Etats et des citoyens européens, et de voir ainsi émerger une responsabilité individuelle et collective dans ce destin européen qui appelle un nouvel élan, dont les élections européennes de 2014 seront un indicateur instructif.

dimanche 22 décembre 2013

Quelques réflexions sur les députés européens par... D. COHN BENDIT

La chronique de Daniel COHN BENDIT sur Europe 1 cette semaine, qui portait sur les élections des prochains députés européens, ne manquait vraiment pas de saveur. Et il faut bien avouer qu'il connaît bien cet environnement.

Il constate ainsi avec effroi que les élections européennes représentent aussi un parfait point de chute pour des candidats en mal de reconnaissance, et dont l'intérêt pour l'Europe est pour le moins flou ou très intéressé. On taira les noms sur lesquels il est inutile de s'attarder. Il critique les emplois fictifs puisque nombre de ces députés ne siègeront finalement que quelques jours. Et, bien entendu, ils seront élus puisque leur place privilégiée sur les listes ne laisse aucune incertitude sur leur élection.
On les entendra certainement un peu sur le sujet, mais sans véritable conviction, en tout cas sans idée neuve, c'est certain.

Et c'est dommage aussi car cette idée de l'Union européenne ne mérite pas ce traitement. C'est un affont aux Pères Fondateurs, à tout ce qui a été entrepris par ceux qui ont suivi, parfois dans la douleur, enfin à tous les citoyens, français et européens, qui attendent des décisions neuves, constructives, sortant des schémas classiques, des sentiers battus, dont chacun sait qu'il faut sortir. Bien entendu, certains refusent cette idée, d'autres ne voient rien et d'autres encore en ont peur.

Le changement s'opèrera évidemment avec des hommes politiques visionnaires et courageux. Mais cette évolution ne verra pas le jour sans les citoyens, conscients de leur rôle et  de leur place, qui doivent prendre une part importante et impulser ce mouvement novateur.

mercredi 18 décembre 2013

Et à l'Est... l'Ukraine !


L’Ukraine est au bord de la banqueroute. L’accord d’association conclu le 18 septembre avec l’Union européenne n’a pas permis de rassurer les dirigeants politiques du pays. Et aucune stratégie en vue pour sortir de la crise. Et ce n’est pas ceux qui servent de fusibles, comme le ministre de l’Intérieur, qui permettront de régler le problème.

Les évènements récents qui se déroulent encore dans ce pays démontrent que celui-ci est à la croisée des chemins pour déterminer son avenir.

Les Etats-Unis ont fini par réagir assez durement à l’égard du gouvernement ukrainien. Mais ces derniers sont ne sont manifestement pas à l’aise face à cette situation et verrait d’un bon œil une éventuelle association entre la Russie et l’Union européenne. Dans l’intérêt de qui au fait ?

Aujourd’hui, la Russie exerce moins de pression à l’égard de l’Ukraine, en vantant néanmoins les mérites d’une union douanière, c’est-à-dire une zone de libre-échange, où la Russie serait à la baguette et dans laquelle on retrouve notamment la Biélorussie et le Kazakhstan. Cette proposition fait écho à l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. Si ce rapprochement est important, il ne faut pas pour autant céder à la politique du plus offrant entre la Russie et l’Union européenne. Ainsi, le 17 décembre 2013, la Russie a décidé d’investir près de 11 milliards d’Euros en Ukraine, sans contrepartie officielle, avec des promesses de distribution de gaz évidemment très intéressantes.

Si l’ouverture de l’Union européenne à l’Est reste souhaitable et même nécessaire, malgré le déplacement inéluctable du centre de gravité de l’Europe (mais c’est un autre sujet), tout comme elle doit l’être vers le Sud, elle ne doit pas se faire à n’importe quelle condition. Il convient tout d’abord de prévoir une base solide de réciprocité. Il faut aussi des interlocuteurs stables et fiables. L’absence de Ioulia Tymochenko est à déplorer, et plus encore la relative indifférence qui l’entoure. C’est dommage, car elle représente une opposition pro européenne crédible et intelligente.  

Il faut donc progresser dans ce rapprochement, et surtout l’approfondir pour qu’il en résulte un avenir prometteur.

mercredi 4 décembre 2013

Plaidoyer pour une ouverture des esprits et une responsabilité individuelle et collective


Les propos entendus ou écrits sur la ministre de l’Intérieur, Mme TAUBIRA, sont évidemment diffamants et condamnables à l’égard d’une femme  dont il convient de louer, pour l’avoir entendue à plusieurs reprises lors d’assemblées pourtant non acquises à sa cause, le charisme, la force de travail et l’intelligence. Bien entendu, chacun a le droit d’être en désaccord sur le fond et il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire mais ce n’est pas le propos. Inutile également de surajouter à tout ce qui a été dit pour manifester notre plus grande désapprobation. Plus précisément, c’est l’occasion d’apporter quelques éclairages.

Tout d’abord, force est de reconnaître que ce n’est pas le Garde des Sceaux qui est visé en raison de sa politique mais bel et bien la femme. Ce qui est encore plus inacceptable. De plus, la soirée de gala organisée à son profit relève d’une bonne action mais il faut revenir aux vraies causes du problème.

Qu’est-ce qui nous différencie les uns des autres ? La couleur de peau ? la langue ? En définitive, il faut bien admettre que tous les prétextes sont bons pour se distinguer des autres et pour affirmer une prétendue supériorité. Ce sont toujours les mêmes discours séparatistes et provoquants, conscients et inconscients, distillés plus ou moins subtilement par les Etats, en Europe notamment, se déclinant parfois dans certaines régions, villes, quartiers, puis aux familles et aux individus eux-mêmes. De l'individu à l'Etat il n'y a parfois qu'un pas...

Malgré tous les efforts déployés par l’Union européenne (et notamment la Cour de Justice et la Cour européenne des droits de l’Homme) pour logiquement ouvrir les frontières dans le cadre de la libre circulation des personnes, dans l’esprit des Pères fondateurs et de leurs successeurs, ces dernières années nous montrent, au contraire, que les Etats de l’Union européenne n’échappent toujours pas à cette dure réalité où la défiance, pour ne pas dire le mépris mais plus sûrement l’incompréhension continuent d’éloigner les peuples d’Europe les uns des autres, donc le citoyen européen de lui-même et c’est bien le paradoxe. L’ouverture des frontières roumaines et bulgares au 1er janvier 2014 relance la polémique, notamment en Allemagne qui a pourtant besoin de main d’œuvre, certes qualifiée, pour répondre à la demande de son marché du travail. Evidemment, la crise économique explique l’immigration massive.

Encore une fois, c’est la peur qui est mauvaise conseillère dans ce domaine. Bien entendu, il faut réguler l’immigration mais il est illusoire, et critiquable, de vouloir empêcher tout mouvement de population. Il faut du courage politique (davantage que pour brandir la haine) pour soumettre des propositions constructives à l’échelle européenne, comme l’aide interactive au développement des Etats émigrants, des formations professionnelles adaptées ou des mesures de répartitions géographiques réfléchies.

jeudi 31 octobre 2013


L’exaspération des citoyens est à son comble. Les lycéens récemment, les diverses grèves suite aux suppressions d’emplois annoncées, la hausse des impôts etc… Et comment ne pas être exaspéré ? La politique fiscale est bien confiscatoire, et plus seulement à l’égard des classes moyennes, mais aussi pour les plus modestes. De quoi tuer dans l’œuf toute forme de velléité citoyenne. Et comment relancer la consommation avec de telles mesures ?
Quid des initiatives publiques pour susciter l’intérêt du citoyen à l’égard de la politique ? Elles sont bien rares et tellement « conformistes » que l’on a cette désagréable impression qu’elles sont placées sous contrôle.
Pas encore de mouvements structurés mais un mécontentement général qui risque de mener à l’abstention, au mieux, aux votes extrêmes, au pire. Les médias soulignent d’ailleurs que les syndicats ne sont pas les catalyseurs de ces mécontentements qui passeront, pour le moment, par les urnes.
Il est intéressant de relever que F. BAYROU déclare que nos « Institutions sont fortes » et « totalement mal adaptées à la situation du pays, comme on le voit : quand vous avez des majorités massives mais que le pays ne se reconnaît plus dans ces majorités, vous avez forcément des turbulences ». Eh oui ! La classe politique commencerait-elle à comprendre ? Permettons-nous d’en douter quand même. Néanmoins, il observe aussi avec justesse que le Front national dispose de deux députés alors qu’il se trouve avec 20% des voix.
En fait, le système est sclérosé, tant sur le plan politique que sur le plan économique. Il faut être inventif, sortir des sentiers balisés. Par exemple, le crowdfunding qui permet le financement participatif en collectant l’épargne des internautes pour réaliser des projets. Bien entendu, le gouvernement va finaliser un cadre juridique qui, souhaitons-le, n’anéantira pas ces belles initiatives. En effet, il pourrait bien plier sous la pression des banques qui pourraient voir, dans ces activités, une concurrence dans leurs activités de crédit.
Plus largement c’est la relation avec l’argent qui doit être repensée.
D’un côté, la formule pourtant classique selon laquelle il faut distinguer « l’être » de « l’avoir » est un point clé qu’il convient enfin d’intégrer. L’avoir préside à toute nos relations alors que l’être est délaissé. L’argent ne devrait pas être un sujet tabou mais il sert d’exutoire dans les rapports humains.
D’un autre côté, les règles doivent être redéfinies. Par exemple, il n’est pas supportable que la richesse soit concentrée entre les mains d’une minorité. Ce déséquilibre pesant est nécessairement source de conflits.
Responsabilité individuelle et collective sont donc essentielles. L’Union européenne, qui s’est illustrée dans les schémas innovants, doit jouer les premiers rôles dans les solutions à trouver, en prenant conscience que le citoyen est responsable et que l’Europe a une responsabilité collective. Comme toujours, le citoyen est force de proposition et la classe politique, dans son ensemble, l’écarte du processus décisionnel.

mercredi 16 octobre 2013


Le constat est aussi inquiétant qu’affligeant :

La percée du parti anti-européen en Allemagne, la poussée de l’extrême droite, ou en tout cas du nationalisme en tous genres, affiché ou à peine déguisé, en Autriche, en Finlande, en France, en Hongrie, en Suède, des europhobes en Grande-Bretagne…. Le nombre des eurosceptiques augmente. Inexorablement.

Il faut bien reconnaître que les gouvernements nationaux et les partis les plus importants se préoccupent davantage des scrutins nationaux que des élections européennes. Tout le contraire des partis anti-européens, comme le Front national, qui font des élections européennes une priorité. Mais chacun sait que ces élections sont favorables aux partis périphériques et à l’abstention.

Et puis l’austérité nourrit largement ce refus de l’Europe. Quant à la croissance, elle est certainement au plus bas depuis 1945.

Il faut dire l’Union se prête si facilement à la critique. Il est tellement facile de lui imputer tous les maux d’ordre social, économique, écologique… les dirigeants européens ont d’ailleurs vite fait de déplacer le débat vers Bruxelles, se dégageant de toute responsabilité en raison de la situation. Ou bien alors, autre manière de s’affranchir de toute responsabilité, les Etats se renvoient la faute, du sud au nord et du nord au sud de l’Europe.

Mais les partis politiques de tous les Etats européens ne sont pas exempts de critiques. On constate un manque de confiance criant envers eux, à droite comme à gauche, au sud comme au Nord de l’Europe.

Et c’est là que les politiques et les formules simplistes font leur œuvre, basées sur la peur et la colère. C’est ainsi que la campagne des élections européennes se fera sur le front de l’immigration. Tellement plus facile…

Attention pourtant à ne pas se retrouver avec une proportion inquiétante d’élus qui mettront à mal toute la construction européenne. L’Europe vaut mieux que ces débats nauséabonds. L’Europe, c’est aussi de nombreux sujets sur lesquels débattre, à tous les échelons, local, régional, national et européen, dont certains sont essentiels à notre avenir, tels que Ie transfert budgétaire entre pays ou la coordination des politiques budgétaires nationales en fonction d’un optimum européen préalablement défini.

Surtout ne pas se laisser tenter par ces discours simplistes rejetant la faute sur les autres ou réduisant à l’extrême les solutions à toutes les questions posées. Encore une fois, c’est au citoyen de décider et d’agir et surtout de ne pas se laisser manipuler.

lundi 30 septembre 2013

Contre les divergences nationales : pour une solution européenne et citoyenne


Le récent triomphe électoral de Mme MERKEL ne changera en rien sa politique européenne. Au contraire, cette victoire lui permet d’espérer que l’Allemagne continuera à être un modèle pour les autres Etats européens. Et ce n’est pas l’opposition allemande qui lui demandera de changer sa position puisqu’elle sait, au contraire, la conforter. Et, comme le fait remarquer la presse en ce moment, les divergences de position sur les politiques à conduire en matière économique et budgétaire entre l’Allemagne et la France ne sont pas illusoires. Bien plus, l’idée de l’Allemagne de créer un budget propre aux pays de l’Euro qui permettrait de financer, moyennant contreparties, des réformes au sein des Etats européens selon le modèle d’outre-Rhin, à commencer par la France, fait son chemin.

Mais les choses vont encore plus loin. En effet, l’Allemagne, dont la puissance économique n’est pas à prouver, se détourne même, lentement mais sûrement, de l’Europe pour s’ouvrir plus favorablement à l’Asie et aux Etats-Unis. Ainsi, l’Allemagne, moteur historique de l’Europe, fixant ses priorités hors de l’Europe, risque de fragiliser un peu plus l’Union européenne. Même si la France reste le premier partenaire commercial de l’Allemagne, de nombreuses entreprises allemandes connaissent actuellement une belle croissance aux Etats-Unis et en Asie, au détriment des autres pays européens, notamment du sud. Et ces pays savent parfaitement les attirer, par exemple avec des législations plus favorables. C’est le cas de la mythique marque Volkswagen en Chine.

Le risque majeur de tout cela : c’est le retour aux solutions exclusivement nationales. Il ne s’agit pas de faire de procès d’intention à l’Allemagne, ce qui serait déplacé, stérile et sans fondement. Au contraire, réjouissons-nous d’avoir un tel partenaire à nos côtés, encore enclin à continuer de construire l’Union européenne.

Mais le repli national reste une tentation, tant pour les uns que pour les autres, pour les pays moteurs comme pour ceux qui connaissent une période longuement délicate. Pourtant, ces solutions exclusivement nationales sont les « pires ». L’histoire l’a démontré. Elles sont égoïstes, au profit d’une élite bien minoritaire, juste soucieuse de prendre le pouvoir, malgré les apparences et un discours fait de raccourcis et facile à écouter, et surtout de le conserver ! Quelles que soient ces propositions, de droite ou de gauche, pour reprendre un clivage bien connu, elles sont par définition réductrices, fortement quadrillées, donc exclusives, appartenant à des schémas passéistes.

Les solutions uniquement nationales ignorent les projets novateurs, ceux qui émaneraient d’une Europe sans cesse plus neuve et constructive, purgée elle-même de ses propres errements ; au contraire, leurs auteurs se servent allègrement des peuples pour le dominer et le manipuler, par l’illusion, la frustration et la colère.

Une fois de plus, la solution vient du citoyen lui-même qui, les yeux ouverts, repoussera ces solutions exclusives et s’ouvrira aux propositions novatrices, inclusives, nécessairement européennes dans le cadre d’une mondialisation sans retour en arrière possible, et c’est heureux, Le citoyen détient la clé du changement, représentant la seule force de proposition crédible. Toute construction n’est viable que si la fondation est solide…

mardi 16 juillet 2013

La mission du citoyen européen

Un sondage récent, effectué en février 2013, paru sur le site de l'IRIS (Institut des Relations Internationales et stratégiques), et actuellement en ligne sur le site du Ministère des Affaires Etrangères, aboutit à trois constats, reproduits in extenso : 

"1) Les Français vivent en ce moment un véritable désenchantement à l’égard de l’Europe :
jamais depuis 10 ans que BVA teste cette question la part des personnes percevant la construction européenne comme une source d’espoir n’avait été aussi faible. Elle se situe désormais à 38% (contre 37% qui voient l’Europe comme une source de crainte) alors qu’elle était de 50% il y a un peu plus d’un an, en décembre 2011.

2) La fracture entre ceux qui se perçoivent comme les gagnants et les perdants de la construction européenne est désormais spectaculaire :
les seniors, les cadres, les urbains, les personnes disposant de hauts revenus, les sympathisants des partis de gouvernement – et notamment du PS, d’EELV et du MoDem – voient encore majoritairement l’Europe comme une source d’espoir, alors que les jeunes actifs (25-34 ans), les ouvriers, les « rurbains », les personnes aux revenus moyens-inférieurs, et les sympathisants de l’extrême-gauche comme de l’extrême-droite (ainsi que les personnes apolitiques) la voient très majoritairement comme une source de crainte.

3) En revanche, tous s’accordent sur un point : depuis ces dernières années l’UE a été nettement plus inefficace qu’efficace (75% contre 25%).Spectaculaire par son ampleur, ce désaveu est aussi terriblement consensuel. En effet, même les catégories percevant encore la construction européenne avec espoir, sont une large majorité à juger que l’UE s’est montrée inefficace. C’est notamment le cas des cadres (74%), des Français disposant de hauts revenus (75%), des seniors (75%) et des sympathisants du PS (67%) ".
L'Europe est en panne. Evidence répétée et rabâchée. Ce constat n' a fait que s'empirer avec les années. Aujourd'hui, les pouvoirs publics semblent s'en émouvoir. Dont acte ! Mais c'est maintenant que les citoyens doivent être intégrés dans le processus décisionnel. 

Donc, d'un côté, de nouvelles adhésions (Croatie) et le discours de M. M. DRAGHI (B.C.E) il y a tout juste qui annonçait qu'il ferait "tout ce qu'il faut pour sauver la monnaie unique", de l'autre le dérapage du plan de restructuration grec, l'instabilité politique au Portugal, les difficultés de crédit en Espagne et en Italie... Entre les deux, ce vaste fossé démocratique dans lequel le citoyen se sent oublié. Et, assurément, il l'est !

L'Union européenne ressemble aux trous noirs de l'espace qui, après avoir vécus retournent sur eux-mêmes, dans le passé. Les Etats, recroquevillés sur leurs intérêts nationaux, sont responsables de cette situation.

Il n'y aura pas d'Union européenne sans union économique et monétaire. Chacun l'a compris. Il n'y aura pas non plus d'Union européenne sans union politique et sociale. Ce constat commence à s'imposer. Mais il n'y aura pas non plus d'Union européenne sans projet commun, dépassant le dénominateur commun des intérêts nationaux, c'est-à-dire un projet qui reflète l'esprit européen, dans ses valeurs et ses fondements, et qui s'inscrit, non pas contre le reste du monde, mais dans la mouvance mondiale, dans son accompagnement. 

Pour cela, une conscience européenne doit émerger de chaque citoyen, pour s'étendre aux Etats et donner à l'Union européenne l'impulsion qu'elle attend. Telle la mission du citoyen européen, sa responsabilité, car le moment est venu où il doit prendre sa place dans ce vaste débat européen et au sein du processus décisionnel européen. Le citoyen est finalement le principal intéressé des décisions européennes. A tous les niveaux, du citoyen aux institutions européennes, chacun doit comprendre que la simple participation aux votes n'est plus suffisant, une participation active de tous les citoyens à la politique s'impose désormais. 

Pour aller un peu plus loin :
 
http://www.mesopinions.com/petition/
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2013N41851

lundi 24 juin 2013

Pétition pour un règlement immédiat du déficit démocratique européen



Un constat ! reconnu mais toujours pas résolu : le déficit démocratique et chronique de l’Union européenne.
La victime ultime de ce constat : le citoyen qui détient ainsi une créance à l’égard des institutions politiques, nationales et européennes. Et ce n’est pas une simple doléance. C’est un droit qu’il est en mesure de défendre et exécuter.
Il existe nécessairement un principe démocratique commun à tous les Etats membres qui établit un droit des citoyens de participer à la gestion des affaires publiques. L’Union européenne a ainsi certainement une vocation fédérale, à sa manière, capable d’allier les intérêts du citoyen, du local, du régional et de l’Europe, le tout dans une synthèse innovante, mouvante et créatrice.
Il est de la responsabilité de chaque citoyen, d’unir leurs efforts pour une Europe solidaire et démocratique :

  • Elle doit être solidaire et afficher une vision humaine, fidèle à l’esprit insufflé par les Pères fondateurs, propre à fonder une communauté de destins. Il ne s’agit pas exclusivement d’un rapprochement entre Etats mais bien et surtout d’une solidarité entre les citoyens de l’ensemble de l’Union, dans l’intérêt de chacun. C’est une des particularités de l’Union de porter des ambitions neuves, inédites, différentes des logiques internationales

  • Elle doit être démocratique, c’est-à-dire tenir compte du citoyen européen, lui donner la possibilité de s’exprimer. De la même manière, les députés doivent rester proches de leurs électeurs et garder constamment le contact, aux moyens de réunions périodiques, d’échanges (par exemple par internet).

 L'Europe doit d'abord être celle des peuples d'une Union "sans cesse plus proche de ses citoyens".

Les schémas du passé sont définitivement révolus et, pour cette raison, il faut susciter l'enthousiasme, inventer, sortir des sentiers battus, agir ardemment pour faire émerger une conscience européenne.
Aujourd’hui, l’acceptation diffuse de l’Union par l’opinion publique permet à ses institutions de prendre des décisions très importantes sans qu’elles soient publiquement discutées. Il s’agit là, de la part de l’opinion publique, d’un véritable blanc-seing donné aux institutions communautaires.

Les politiques doivent, maintenant, accepter le fait que les citoyens sont parfaitement capables de comprendre leur environnement local, national, européen et mondial. Nul besoin de penser et d’agir perpétuellement à leur place. Les citoyens doivent aussi pouvoir être associés au processus décisionnel européen grâce à un éveil de la conscience européenne.
C’est aujourd’hui que nous entendons exercer notre droit, en qualité de citoyen européen, à l’accès à l’information sur les projets européens et à participer activement aux décisions qui seront adoptées au niveau européen.

Vous pouvez signer la pétition sur :
http://www.mesopinions.com/petition/
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2013N41851

dimanche 16 juin 2013

Le Rendez-vous Citoyen


Ce rendez-vous ne concerne pas seulement pour le citoyen européen les élections européennes de 2014. Non, il s’agit plus largement de son expression, concrète, réelle, quotidienne et non pas uniquement quinquennale, c’est-à-dire au moment d’élire un député européen.

Cet espace est précisément dédié aux échanges, sur la base de l’Europe existante et des travaux parlementaires, qui susciteront réflexions, questions, propositions…

 Il est évident que les institutions européennes, et tout particulièrement le Parlement européen, sont appelées à évoluer. Nous avons déjà abordé ce sujet. L’élargissement de l’Union européenne contribue à ces changements auxquels nous devons nous adapter. Il n’est pas envisageable de bloquer ou d’arrêter cette évolution. Elle s’impose à nous, citoyens européens, elle fait partie de ce mouvement de la vie auquel, parce qu’il se présente à nous, nous saurons trouver les réponses. Nous avons les ressorts et l’imagination suffisante à condition de sortir des carcans institutionnels et politiques traditionnels.

L’Union doit évidemment être fédérale. C’est un prérequis, bien compris de nombreux politiques représentatifs de l’éventail politique. L’Europe fédérale, que nous soutenons et que nous avons déjà évoquée dans ce blog, est la seule capable d’assurer une synergie entre le local, le régional, le national et l’Europe, le citoyen devant être au centre de cet ensemble, avec lui et pour lui.

 Le rendez-vous citoyen, propre à l’Union européenne au sein de laquelle nous vivons et œuvrons, et rassemblant les citoyens de tous les Etats membres, doit naturellement rester ouvert au monde, sous peine de retrouver une autarcie qui ne sera plus nationale mais européenne mais dont les effets seront assurément aussi dangereux et pernicieux.

 C’est à chaque citoyen, conscient de sa responsabilité et de la chance qui se présente dans ce vaste mouvement historique qui amènera à l’évolution des institutions européennes, de participer, à sa manière et sur les sujets qui le motivent, à l’action politique. Il n’y a là aucune utopie, aucune promesse. Il y a le constat de la réalité et la détermination de ne plus être passif et simple observateur de la politique, mais plutôt partie prenante, acteur d’un mouvement qu’il ne s’agira plus seulement de critiquer mais d’accompagner. Enfin !

dimanche 26 mai 2013

Vers une conscience européenne : agissons !

Nous lisons ça et là que
les citoyens européens ne
croient plus en l'Europe
(notamment Le Monde du
25 avril 2013).

Par exemple, nous entendons :

- "je ne conçois pas d'aller voter et ensuite laisser nos vies entre les mains des hommes politiques"
- "ce n'est pas vrai que ces politiques d'austérité sont inévitables"
- "quand l'Union s'empare de questions de société c'est pour nous asséner des slogans bureaucratiques"
- "Les questions européennes sont devenues si complexes qu'elles sont réservées aux spécialistes et ne font plus débat parmi nos membres"
- "ce n'est pas l'Europe en tant que telle qui me déçoit mais les décisions qui sont prises. Le processus de décisions avec des chefs d'Etat qui agissent seuls et sans rendre de comptes..."

Justement, c'est ce que nous revendiquons : que les élus rendent compte directement auprès des électeurs, via les blogs et les débats publics organisés régulièrement. Nous nous y engageons.
Il est primordial de redonner ses lettres de noblesse à l'Union, en faisant évoluer ses institutions, en simplifiant les prises de décision et en associant les citoyens.

Il est également parfaitement évident que l'austérité sans croissance est dangereuse, pour ne pas dire pire. Nous l'avons déà évoqué. L'Europe avance vers un fédéralisme bancaire et financier. Elle doit s'accompagner d'une plus grande solidarité enre les Etats, donc d'une plus grande responsabilité de l'Europe à l'égard de ses citoyens.

Dépassons les oppositions entre le Nord et le Sud de l'Europe, offrons des débats de société qui ouvrent de nouveaux horizons à l'Europe et à ses citoyens, qui dépassent les populismes et les idées simplistes, pré-fabriquées ou prêtes à consommer, témoignant en réalité de l'impuissance des Etats et de la nécessaire évolution des institutions européennes : création d'un gouvernement européen (la Commission être réformée), pouvoirs plus importants donnés au Parlement européen (notamment un rapprochement du député européen et des électeurs), existence de partis politiques à l'échelle européenne... Mettons fin à l'inaction et à la passivité des politiques. Inventons l'Europe...

L'Europe doit d'abord être celle des peuples d'une Union "sans cesse plus proche de ses citoyens". Toutes ces différences, ces cultures, ces langues ne sont pas des obstacles. Certainement pas. Au contraire, il s'agit de complémentarités qui constituent une chance extraordinaire dans l'histoire où, pour la première fois, nous pouvons construire une Europe unie, sans guerre ni conflits, dans une synthèse bouillonnante et effervescente appelée à toujours évoluer et s'adapter aux attentes de citoyens qui savent faire entendre leur voix.

Nous tirons le constat de la situation économique et sociale de la plupart des Etats de l'Europe. Nous entendons les analyses des uns et les attentes des autres. Ensuite vient le temps des propositions, de la construction, de l'innovation. Les schémas du passé sont définitivement révolus. Evidemment, les même causes produisent les mêmes effets. C'est justement pour cette raison, et afin de ne pas revenir en arrière ou connaître de nouveaux conflits, qu'il faut susciter l'enthousiasme, inventer, sortir des sentiers battus, agir ardemment pour faire émerger une conscience européenne.

mercredi 1 mai 2013

Pour un enseignement de l'éthique... enfin !!

C'est une proposition qui nous tenait particulièrement à coeur. Mais c'est aussi un sujet sensible. Et pourtant, la question est essentielle et incontournable.

A la mémoire de Stéphane HESSEL... N'oublions pas son oeuvre !!!

Et à celle de tous ceux qui ont connu la guerre, la déportation, la xénophobie, le rejet... que toute cette expérience cumulée soit autant de leçons de vie, gravées à jamais dans nos consciences, non pour entretenir l'émotionnel, ce qui serait stérile, mais pour avancer ensemble, dans l'acceptation de ce que nous sommes et des autres.

Aux Pères fondateurs de l'Union, dans l'esprit qui a animé leur entreprise et, qui plus que jamais aujourd'hui, doit être rappelé, porté et revendiqué. Nous approchons du 9 mai...

Unissons nos efforts pour une Europe à visage humain, dans l'intérêt des citoyens, c'est-à-dire solidaire, démocratique et responsable.

Sans alourdir inutilement les programmes scolaires, en opérant donc des choix dans les enseignements, il conviendrait d’enseigner l’éthique, détachée de toute connotation religieuse, selon des méthodes laïques, mais basée tout de même sur la tolérance, la non-violence et l’intégrité. Nous pourrions ainsi reprendre les préceptes inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Il est temps d’admettre que le multiculturalisme représente une chance, une ouverture, un avenir. L’histoire l’a prouvé. Les nationalismes enferment les esprits et inhibent toute tentative d’évolution. Au contraire, l’ouverture à l’autre permet tous les rêves, comme aux Etats-Unis.
 
Avançons, inventons, sortons des ornières politiques. Marchons, prenons en mains nos destins. Créons l'Europe telle que nous la rêvons. A l'image des MONNET et SCHUMAN...

samedi 13 avril 2013

Contrôler la spéculation financière...



Il existe un constat inquiétant : les transactions financières sont bien plus nombreuses que les transactions d’ordre économique. Ainsi, les flux financiers dépassent allègrement les échanges de biens et de services.

L’histoire, qui se répète, nous démontre qu’il faut donc instaurer un contrôle étroit des banques.

Mais nous devons aussi lutter contre les monopoles et les oligopoles. De même, il est impératif de soutenir la suppression des paradis fiscaux.

L’harmonisation fiscale est indispensable mais c’est aussi au niveau européen que l’on arrivera à lutter le plus efficacement contre les paradis fiscaux, par exemple en conditionnant l’accès à l’espace européen.